Les emplois exigeant le plus souvent le bilinguisme au Canada


Dans les régions francophones, le bilinguisme ouvre la porte aux emplois avec le public

La diversité linguistique fait partie intégrante de la société canadienne. De tous les Canadiens qui ont pour langue maternelle l’une des deux langues officielles, un peu moins des trois quarts sont anglophones et un peu plus d’un quart sont francophones.

En général, la majeure partie de la clientèle et du personnel des entreprises canadiennes est unilingue anglaise ou française. Le bilinguisme est cependant parfois une compétence obligatoire pour décrocher un emploi et un atout potentiel sur le marché du travail pour les quelque 18 % de Canadiens qui parlent couramment les deux langues, un sommet historique.

Nous avons analysé les offres d’emploi publiées sur le site Indeed contenant le mot « bilingue » ou des mots connexes dans l’intitulé ou la description de poste, afin de dégager les tendances de la demande de travailleurs bilingues au pays. Les données recueillies ont servi à calculer la proportion d’offres d’emploi à l’intention de candidats bilingues à l’échelle nationale et par province, ainsi qu’à dresser la liste des professions exigeant le plus souvent le bilinguisme. Ce sont généralement des emplois comportant des contacts avec des clients ou des collègues parlant l’une ou l’autre langue, en particulier au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Les emplois bilingues sont courants dans les régions où l’on parle français, mais rares dans l’Ouest canadien

Dans l’ensemble, 8 % de toutes les offres d’emploi au Canada exigent de parler plus d’une langue ou mentionnent une préférence pour des candidats bilingues. Les langues demandées sont l’anglais et le français dans la grande majorité des offres.

Les provinces où le français est parlé dominent le classement. Au Québec, 26 % des offres d’emploi exigent le bilinguisme ou indiquent une préférence pour les candidats bilingues. C’est 6,5 fois plus que la moyenne nationale. C’est aussi au Québec que se trouvent 63 % des emplois bilingues au Canada. Le Nouveau-Brunswick, seule province ayant deux langues officielles, se classe deuxième avec 16 % d’offres exigeant le bilinguisme.

En Ontario, seules 5 % des offres mentionnent cette exigence. Toutefois, vu son poids démographique, la province se classe juste derrière le Québec en termes de proportion des offres d’emploi destinées aux candidats bilingues au pays (26 %). Dans l’Ouest, le bilinguisme n’est pas très recherché : pas plus de 2 % des offres en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique visent des candidats parlant français ou une autre langue en plus de l’anglais.

Le bilinguisme souvent requis pour les relations avec la clientèle et dans les bureaux

Quels sont donc les emplois qui exigent de parler deux langues? Évidemment, les interprètes et les traducteurs se classent en tête. Si la part des offres d’emploi n’atteint pas 100 %, c’est à cause d’une sous-catégorie d’emplois d’interprètes qui sont en réalité des vulgarisateurs (scientifiques, par exemple) qui « traduisent » des notions complexes à l’intention du grand public.

Contrairement aux autres offres, une part importante des offres d’emploi d’interprète ou de traducteur demandent des langues autres que l’anglais et le français, comme l’italien, l’inuktitut ou la langue des signes.

Au deuxième rang du classement des professions comptant au moins 100 offres d’emploi actives à l’intention de candidats bilingues, environ 16 % des postes de représentants au service à la clientèle exigeaient le bilinguisme. Comme il s’agit d’un emploi courant, il est normal qu’il cumule le plus grand nombre d’offres destinées à des personnes parlant les deux langues. Les directeurs des ventes, les agents d’assurance et certains représentants commerciaux spécialisés, qui entrent tous en contact avec la clientèle, exigent aussi souvent le bilinguisme.

Les candidats bilingues sont aussi recherchés pour des postes essentiels au bon fonctionnement des bureaux, surtout dans les grandes entreprises. Par exemple, le bilinguisme est une exigence dans 15 % des offres d’emploi de spécialiste du soutien informatique et d’analyste opérationnel et dans 12 % des offres d’administrateur de réseau et de système informatique. Les spécialistes de l’emploi, du recrutement et du placement de personnel et les gestionnaires des ressources humaines (au 11e rang avec un peu moins de 12 %), de même que les secrétaires de direction et les adjoints administratifs, se classent aussi en bonne position.

En somme, le bilinguisme est surtout exigé pour des postes impliquant des contacts avec des clients ou des collègues parlant une autre langue, en particulier au Québec et au Nouveau-Brunswick. C’est le cas des représentants du service à la clientèle, qui répondent par téléphone aux demandes de clients qui peuvent appeler des quatre coins du pays. Il est donc normal qu’ils doivent parler plus d’une langue.

Fait étonnant, le bilinguisme est aussi souvent exigé pour des emplois de bureau, sans doute en raison des fréquents contacts avec des collègues parlant une autre langue. Ce sont par exemple des postes de soutien informatique, de recrutement ou de gestion des ressources humaines. Ces emplois ne représentent pas un large pan du marché du travail, mais dans un pays comme le nôtre, où la diversité linguistique est un fait, ces employés bilingues forment le ciment de l’entreprise, essentiel à son bon fonctionnement.

Méthodologie

Nous avons recensé les « emplois bilingues » en comptant les offres d’emploi actives publiées sur le site d’Indeed au Canada le 25 octobre 2018 qui contenaient l’un des termes suivants dans l’intitulé ou la description de poste : bilingual, bilingue, bilingues, bilinguisme, English and French, French and English, French & English, English & French, français et anglais, anglais et français, français & anglais, anglais & français. Nous avons également inclus les offres d’emploi actives d’interprète et de traducteur qui ne contenaient pas les termes ci-dessus, mais s’adressaient néanmoins à des candidats bilingues.  

Nous avons déterminé la proportion d’offres exigeant le bilinguisme par province en comparant le nombre de ces offres au nombre total d’offres d’emploi dans chaque province le 25 octobre. Nous avons suivi la même procédure pour déterminer la proportion d’offres exigeant le bilinguisme pour chacune des professions, classées selon le 2000 Standard Occupational Classification System (SOC). Seules les offres d’emploi rédigées en anglais pour des postes comptant au moins 100 offres actives exigeant le bilinguisme ont été incluses dans le second calcul.   

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