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Le numérique après la crise : persistances et nouvelles tendances dans le recrutement


Les offres d’emploi dans le numérique résistent sur fond de montée en puissance du « cloud » et des méthodes « agiles ».

Principaux enseignements :

  • Le métier de « développeur » reste l’intitulé de poste le plus fréquent pour des offres nécessitant des compétences numériques, avec 4 places dans le « top 5 ».
  • Le poids des emplois numériques dans le total a légèrement baissé à cause de la crise, mais il est actuellement stable à 5 %.
  • Les compétences en « cloud » et en conteneurisation connaissent une forte croissance, ininterrompue par la crise.
  • Les compétences dans les données sont en revanche en recul (-8 % depuis janvier 2020).

L’impact de la crise sur l’emploi dans le numérique suscite le débat. Comme dans la plupart des secteurs, les emplois existants ont été fortement affectés, notamment au sein des entreprises de conseil, et au premier semestre 2020, beaucoup de recruteurs ont gelé voire annulé leurs projets de recrutement, y compris ceux destinés aux professionnels du numérique. Mais la rareté de la main d’œuvre, la diffusion du télétravail et la numérisation accélérée des entreprises sous l’effet de la pandémie se sont traduites par une reprise des recrutements dans le numérique à partir du second semestre 2020. En avril 2021, le poids des emplois numériques dans le total des offres sur Indeed s’établissait à 4,8 %. 

Dans ce contexte de résilience du marché du recrutement pour les professionnels du numérique, la montée en puissance du « cloud » couplée à la diffusion rapide de nouvelles méthodes de travail, axées sur la productivité, permettent de dresser un état des lieux des compétences qui ont le vent en poupe, et de celles qui, inversement, connaissent une désaffection relative. 

La résilience des offres s’appuie sur les principaux  métiers qui font appel à des compétences numériques

Les emplois numériques peuvent être difficiles à cerner et la définition de leur périmètre n’est pas unique. Les données Indeed permettent de proposer une approche fondée sur les compétences, citées en « mots-clés » dans les descriptions des annonces d’emploi. Sur la base de près de 600 compétences numériques, il est possible d’identifier les métiers qui constitueront ici les « annonces numériques ».

Le premier constat qui s’impose est celui d’une assez faible dispersion des intitulés de postes, puisque les 20 premiers intitulés de poste représentent à eux seuls près de 60 % du total des postes à pourvoir. Qui plus est, les intitulés de poste les plus fréquents sont ceux qui sont élaborés à partir du métier de développeur, auquel s’adjoint parfois un langage de programmation (java, .net) ou une « spécialisation » (full stack, front end, web). On trouve également le métier d’ingénieur, en particulier dans les réseaux et la sécurité. Les autres intitulés les plus courants se distribuent entre administrateur, automaticien, chef de projet, devops et data scientist.

Le tableau donne la liste des 20 intitulés de poste les plus courants dans le numérique, classés par ordre décroissant de leur poids moyen dans le total des offres sur la période de janvier 2019 à avril 2021.

Les compétences demandées varient selon l’intitulé de poste. Pour les développeurs, ce sont les langages de programmation et les « frameworks » qui logiquement sont les plus demandés, avec un tête Java, .NET et SQL. Pour le devops, qui fonctionne sur une approche plus intégrée entre le développement et les aspects opérationnels, Docker, Ansible et Jenkins sont les plus populaires auprès des recruteurs, en plus de l’environnement Linux et du langage de programmation Python. Ce dernier reste toujours très demandé dans les annonces de « data scientist », devant SQL ou le langage R. Il apparaît également dans le « top 5 » des compétences les plus prisées dans les offres d’administrateur ou d’ingénieur en système embarqué, aux côtés de linux ou C++. Enfin, côté design, ce sont le logiciels Illustrator et Indesign sont très prisés par les recruteurs, en plus des compétences en HTML et CSS ou de la capacité à élaborer des maquettes de sites web ou d’applications pour en étudier l’ergonomie du point de vue de l’utilisateur (« wireframes »).

Le tableau donne la liste des 5 compétences les plus demandées pour les intitulés de poste suivants : développeur, devops, data scientist, administrateur SI, designer et ingénieur système embarqué. Les données sont compilées sur la période janvier 2019 – avril 2021.

L’impact de la pandémie sur le recrutement dans ces métiers est clairement visible au premier semestre 2020, marqué par une décrue de leur poids dans le total des annonces sur Indeed.fr, alors même que le volume d’offres global se contractait fortement. Autrement dit, les métiers du numérique ont plus souffert que la moyenne du marché du travail. Pour autant, la reprise économique a permis aux offres dans le numérique d’amorcer une lente reprise sur la première moitié de 2021, marquant ainsi une certaine résilience des recrutements de professionnels du numérique. Le poids des emplois numériques s’établit en avril 2021 à 4,8 % du total des annonces sur Indeed.fr, contre plus de 6,2 % au point haut de mars 2020.

Le graphique en courbes montre l’évolution du poids des emplois numériques dans le total des annonces, en pourcentage.

Montée en puissance des compétences « cloud », de la conteneurisation et des outils « agiles »

Tous métiers confondus, les quatre compétences les plus recherchées (Java, SQL, Linux et JavaScript) affichent des variations relativement faibles (inférieures à 10 %). Toutes gagnent en importance dans le volume des annonces, sauf Java, en baisse de 3 % depuis janvier 2020 et de 6 % depuis janvier 2019.

Ce sont dans les compétences qui suivent dans le classement que les progressions sont les plus importantes : Git, Docker, Angular et Jenkins affichent en effet chacun plus de 15 % de progression par rapport à janvier 2020. Avec Scrum, ces compétences peuvent être rattachés à la diffusion de méthodes de développement dites « agiles », qui mettent l’accent sur la productivité, le suivi continu et l’itération avec le client et entre les différentes équipes qui travaillent sur un projet. La conteneurisation décline cette philosophie dans de nombreuses disciplines au sein du numérique, portée par le « cloud » qui devient petit à petit incontournable dans l’organisation des entreprises. Depuis 2019, la montée en puissance du poids des trois principales compétences « cloud » et de conteneurisation (Docker, Azure et Kubernetes) parmi les 20 premières compétences numériques est manifeste puisqu’elles affichent des taux de croissance de leur part dans les offres numériques  de plus de 80 %.

Le tableau figure le poids des 20 compétences numériques les plus courantes dans les offres numériques en avril 2021 (première et deuxième colonnes), la variation en pourcentage par rapport à janvier 2019 (troisième colonne) et par rapport à janvier 2020 (quatrième colonne).

Le poids des « données » en recul, certaines compétences en « design » en forte hausse sur un an

Dans notre rapport sur le numérique publié en mars 2020, nous soulignions que la France affichait une spécialisation dans les données par rapport à d’autres pays, notamment le Royaume-Uni et les États-Unis, dont les annonces numériques étaient moins orientées vers cette discipline. En avril 2021, près d’une offre sur cinq (24,2 %) mentionnait des compétences qui peuvent être utilisées pour le traitement de données, mais cette proportion tombe à une sur dix (10,7 %) si l’on exclut Python, requis dans beaucoup de postes qui ne sont pas directement rattachables aux données, comme mentionné ci-dessus. Hors Python, les compétences spécifiques en « data science » sont plutôt en recul, et plus encore depuis la crise (-3 % par rapport à janvier 2019, mais -8 % par rapport à janvier 2020). Ce constat s’inverse si l’on prend en compte Python dans le périmètre. Beaucoup d’autres compétences plus spécialisées (et dont le poids est beaucoup plus faible) affichent un recul marqué : c’est le cas de Hadoop et MATLAB, mais aussi de SciPy et Scikit-learn, malgré le succès de Python. Inversement, SAS, Spark, Tableau, la librairie Python Pandas et la solution de base de données Redshift connaissent pour la plupart des taux de croissance à deux chiffres.

Le tableau figure le poids des 12 compétences en sciences des données les plus courantes dans les offres numériques en avril 2021 (première et deuxième colonnes), la variation en pourcentage par rapport à janvier 2019 (troisième colonne) et par rapport à janvier 2020 (quatrième colonne).

Enfin, parmi les compétences qui ont connu la plus forte croissance, toutes spécialisations confondues, depuis janvier 2020 on trouve Figma, Visio, ou encore Flutter, orientées design et qui ont vu leur poids dans le total des offres numériques multiplié par 2 ou 3. Enfin, les logiciels LabVIEW, Akka, Simulink sont chacun en recul de plus de 50 % sur un an. À noter qu’il s’agit là de compétences qui sont toutes mentionnées dans moins de 1 % des offres numériques sur Indeed.fr, à l’exception de Visio qui atteint 1,4 %.

Le tableau figure les 5 compétences qui ont le plus augmenté et les 5 compétences qui ont le plus baissé depuis janvier 2020 en termes de poids dans les offres numériques. La valeur d’avril 2021 est indiquée en deuxième colonne, et la variation en troisième colonne. 

En dépit du recul réel provoqué par la crise, les nouvelles compétences nécessaires pour maîtriser les outils qui visent à améliorer la productivité des entreprises sont un facteur de dynamisme pour le recrutement dans le numérique. Si la nécessité de poursuivre sur la voie de la numérisation des entreprises, petites et grandes, n’est plus à démontrer, les candidats potentiels pourront avec profit se positionner sur les compétences en « cloud » et en conteneurisation, qui ont toutes les chances de devenir des incontournables. Plus généralement, tous les chercheurs d’emplois, qu’ils soient ou non intéressés par les métiers du numérique, gagneraient à surveiller l’évolution des besoins des entreprises dans le secteur. Il n’est en effet pas exclu que les outils « agiles », ou à tout le moins les principes qui les sous-tendent, se généralisent progressivement à l’ensemble des fonctions de l’entreprise pour décupler les gains de productivité. N’est-ce pas, après tout, la conséquence logique de la numérisation de l’activité économique ?

Méthodologie

Nous utilisons une liste de près de 600 mots clés reliés à des compétences numériques dans les descriptions de postes des annonces sur Indeed.fr entre janvier 2019 et avril 2021. Plusieurs compétences peuvent apparaître dans une même description de poste et certains termes peuvent apparaître dans plusieurs compétences distinctes, comme « SQL » et « SQL server ».