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Périphéries et pandémie : quelles évolutions ?


Principaux enseignements :

  • Depuis le début de l’année, les chercheurs d’emploi établis à Paris, Lyon et Marseille ont davantage tendance à chercher un emploi dans leur ville, marquant la résilience des centres-villes face à la pandémie.
  • Par rapport à janvier 2020, les recherches directement orientées vers la périphérie des trois plus grandes villes de France sont stables dans le cas de Paris et Lyon, en croissance dans le cas de Marseille.
  • Les grandes villes périphériques connaissent une attractivité variable : en baisse dans le cas de Paris, en hausse, voire en forte hausse pour Lyon et Marseille.
  • Par rapport à Paris, les marchés du travail lyonnais et marseillais restent plus « locaux », les Parisiens étant plus susceptibles de chercher au-delà de leur région.

Dans le sillage de la pandémie, certains actifs ont fait le choix de quitter les centres-villes poussés par les nouvelles possibilités offertes par le télétravail. Reflet de ce mouvement vers la périphérie, les prix immobiliers (en particulier des pavillons) se sont envolés ces derniers mois. Une des questions en suspens reste néanmoins de savoir si les villes de banlieue et de grande banlieue profiteront de cet afflux de nouveaux travailleurs, ou si ceux-ci resteront liés professionnellement aux centres-villes.

Depuis un an et demi, les recherches vers l’extérieur sont en baisse 

Le premier constat qui s’impose est de relativiser l’effet de la pandémie sur la tendance à long terme des recherches des candidats. En effet, début 2019, les recherches dirigées hors de Paris intra-muros représentaient 62 % des recherches totales des Parisiens, alors que ce chiffre s’établissait à 37 % dans le cas de Lyon et seulement 22 % dans le cas de Marseille. Les Parisiens étaient donc déjà beaucoup plus attirés par les autres villes. Ces proportions ont atteint un sommet en juin 2020 dans le cas de Paris et Lyon, à 69 % et 60 % respectivement, et à 55 % en septembre 2020 pour Marseille. Cet effet « pandémie » a été transitoire : dans les trois villes, la proportion de recherches dirigées vers l’extérieur est en baisse tendancielle depuis. En juin 2021, elle était retombée à 56 % pour Paris, 45 % pour Lyon et 36 % pour Marseille. Il est donc permis de parler d’une résilience des centres-villes sur le front de l’emploi.

Le graphique en courbes figure l’évolution du poids des recherches en dehors de la ville dans le total en ordonnées (l’échelle va de 20 à 80 %) pour les villes de Paris, Lyon et Marseille, sur la période janvier 2019-juin 2021. 

Un intérêt très fluctuant pour les périphéries

Au sein des recherches dirigées vers l’extérieur, la part des villes situées à moins de 50 kilomètres du centre-ville a enregistré une forte baisse (de l’ordre de 20 à 30 %) pendant le premier confinement dans le cas de Paris et Lyon avant de se redresser, preuve que le premier réflexe des actifs parisiens et lyonnais a été de chercher un emploi en dehors de la région. Le mouvement a été moins marqué à Marseille, où le poids des recherches vers la périphérie dans le total des recherches vers l’extérieur avait fortement reculé au premier trimestre 2021. Dans les trois villes toutefois, le poids de la périphérie dans les recherches extérieures se situait dans une bande de +/- 10 % par rapport à janvier 2019, et ce en dépit de très fortes variations sur les 18 derniers mois (jusqu’à 55 % à la baisse pour Marseille ; 25 % à la hausse pour Lyon).

Le graphique en courbes figure l’évolution de la part des recherches à moins de 50 km dans les recherches à l’extérieur des villes en ordonnées (l’échelle va de 40 à 130, avec une référence en janvier 2019 à 100) pour les villes de Paris, Lyon et Marseille, sur la période janvier 2019-juin 2021. 

En région parisienne, les grandes villes attirent peu

Les Parisiens, pour le moment, portent peu d’intérêt aux perspectives professionnelles dans les grandes villes de banlieue. Sur les vingt villes situées à moins de 50 kilomètres les plus recherchées par les Parisiens, seules quelques-unes (Nanterre, Saint-Denis, Aulnay-sous-Bois et Noisy-le-Grand) affichent des hausses sensibles. Le recul le plus important est enregistré par le quartier d’affaires de La Défense (qui voit sa part dans les recherches extérieures divisée par près de 2, à -47 %). Suivent également parmi les pires performances Versailles (-25 %), Évry (-27 %), Cergy (-22 %) ou encore Roissy-en-France (-22 %), très touché par le ralentissement du secteur aérien.

Le tableau figure les villes à moins de 50 km de Paris les plus recherchées par les chercheurs d’emploi parisiens. Les colonnes affichent la distance des villes au centre de Paris (en km), la part de la ville dans les recherches en dehors de Paris en juin 2021 et la variation de cette part par rapport à janvier 2020, en %.

Dans ce contexte, les villes qui ont enregistré les fluctuations les plus importantes sont celles qui ont un poids plus faible dans les recherches extérieures. Celles qui ont plus que doublé leur poids sont parfois éloignées de la capitale (Le Mée-sur-Seine et Nogent-sur-Oise sont situés à plus de 40 kilomètres de Paris). À l’inverse, certaines villes plus proches (comme Le Plessis-Robinson ou La Garenne-Colombes) ont vu leur poids dans les recherches extérieures divisé par plus de 2.

Le tableau figure les villes à moins de 50 km de Paris qui ont connu la plus forte croissance dans les recherches de Parisiens. Les colonnes affichent la distance des villes au centre de Paris (en km), la part de la ville dans les recherches en dehors de Paris en juin 2021 et la variation de cette part par rapport à janvier 2020, en %.

Autour de Lyon : Saint-Étienne, Meyzieu, Craponne, Corbas et Mions

Le constat est plus nuancé à Lyon, où Saint-Étienne représente plus de 3,5 % des recherches extérieures à la ville, en hausse de 8 % par rapport à janvier 2020. D’autres villes représentant à elles seules une part relativement importante des recherches vers l’extérieur (plus de 0,5 %) apparaissent dans le classement des villes les plus dynamiques : Mions et Craponne voient ainsi leur poids multiplié par plus de 2 par rapport à janvier 2020, tandis que Meyzieu et Corbas affichent des progressions de 10 % et 36 respectivement. Des villes qui occupent une place importante dans les recherches extérieures voient leur poids s’effriter (Villefranche-sur-Saône, Vienne ou Bourgoin-Jallieu), voire chuter fortement (Saint-Priest).

Le tableau figure les villes à moins de 50 km de Lyon les plus recherchées par les chercheurs d’emploi lyonnais. Les colonnes affichent la distance des villes au centre de Lyon (en km), la part de la ville dans les recherches en dehors de Lyon en juin 2021 et la variation de cette part par rapport à janvier 2020, en %.

Parmi les plus fortes évolutions, on citera également Lentilly (qui a vu son poids multiplié par plus de 3), et Brindas ou Montluel (poids multiplié par plus de 2), chacune à moins de 20 kilomètres du centre-ville de Lyon. À l’inverse, les villes qui enregistrent des baisses sensibles ont tendance à être situées au-delà des 20 km : c’est le cas de Saint-Quentin-Fallavier, qui représente 0,43 % des recherches extérieures.

Le tableau figure les villes à moins de 50 km de Lyon qui ont connu la plus forte croissance dans les recherches de Lyonnais. Les colonnes affichent la distance des villes au centre de Lyon (en km), la part de la ville dans les recherches en dehors de Lyon en juin 2021 et la variation de cette part par rapport à janvier 2020, en %.

La cote favorable de la périphérie marseillaise

Menées par Aix-en-Provence et Toulon, les grandes villes autour de Marseille brillent par leur attractivité auprès des chercheurs d’emploi. À l’exception de Vitrolles et Marignane (qui abrite sur son territoire l’aéroport de Marseille-Provence), les vingt premières villes périphériques les plus recherchées enregistrent une progression de leur poids dans les recherches extérieures. Toulon, Martigues, La Seyne-sur-Mer, Cabriès et Six-Four-les-Plages figurent ainsi à la fois dans le classement des villes les plus attractives et dans celui des plus dynamiques.

Le tableau figure les villes à moins de 50 km de Marseille les plus recherchées par les chercheurs d’emploi marseillais. Les colonnes affichent la distance des villes au centre de Marseille (en km), la part de la ville dans les recherches en dehors de Marseille en juin 2021 et la variation de cette part par rapport à janvier 2020, en %.

Peu de villes périphériques à Marseille enregistrent donc un recul de leur poids par rapport à janvier 2020 : avec Marignane et Vitrolles, Rognac est l’autre ville sur l’étang de Berre qui voit son attractivité reculer.

Le tableau figure les villes à moins de 50 km de Marseille qui ont connu la plus forte croissance dans les recherches de Marseillais. Les colonnes affichent la distance des villes au centre de Marseille (en km), la part de la ville dans les recherches en dehors de Marseille en juin 2021 et la variation de cette part par rapport à janvier 2020, en %.

En conclusion, la banlieue parisienne paraît moins profiter des tendances récentes que les périphéries lyonnaise et marseillaise, même si ces dernières ont sans doute profité de la chute plus marquée des recherches vers les reste de la France depuis le début de l’année. C’est là le signe que par rapport à Paris, les marchés du travail lyonnais et marseillais restent plus « locaux », les Parisiens étant plus susceptibles de chercher au-delà de leur région.

Méthodologie

Ce blog post analyse les recherches sur Indeed de la part de chercheurs d’emplois établis à Paris, Lyon et Marseille. Les recherches extérieures sont les recherches dirigées en dehors de ces villes intra-muros. La « périphérie » ou « banlieue » s’entend ici comme les villes situées à moins de 50 km du centre-ville de Paris, Lyon ou Marseille. Toutes les recherches sont exprimées soit en pourcentage des recherches totales, soit en pourcentage des recherches extérieures. Pour cette étude, seules les villes recevant plus de 100 recherches en juin 2021 ont été retenues.