Emploi dans les communes : il y a aussi un avenir en dehors des métropoles


Le sujet de l’emploi dans les communes mériterait sans doute d’être abordé plus souvent à l’approche des élections municipales. L’enjeu de la mobilité, qui englobe le logement et le transport, est en effet en partie de la compétences de communes et est crucial dans la recherche d’emploi ou l’efficacité au travail. Les données du moteur de recherche d’emploi Indeed, lancé en France en 2015, permettent d’apporter quelques éclairages sur l’évolution du marché du travail dans les zones d’emploi définies par l’Insee. Trois enseignements se dégagent :

  • La plupart des emplois à pourvoir se trouvent dans les métropoles
  • L’importance des métropoles régionales sur le marché du travail se renforce, celle de Paris faiblit
  • Certaines petites zones d’emploi très dynamiques ont su rebondir 

Les zones métropolitaines concentrent plus de la moitié des offres à pourvoir

Cette première conclusion n’est sans doute pas une surprise au vu de l’évolution contemporaine du marché du travail : de plus en plus d’emplois de cadres qualifiés ou d’emplois moins qualifiés se créent dans les métropoles, notamment sous l’effet du développement du numérique. Programmeurs, livreurs ou ingénieur en intelligence artificielle sont des postes créés dans les grandes villes. Ces zones d’emploi métropolitaines ont connu sur la période 2017-2019 une croissance de 16 % de leur part dans l’ensemble des offres disponibles sur Indeed.fr, ce qui illustre la dynamique de métropolisation à l’oeuvre.

55,6 % des annonces localisées sur Indeed.fr se trouvent ainsi en zone métropolitaine, dont 24 % uniquement dans la zone d’emploi de Paris, qui englobe la ville elle-même, la quasi-totalité du département des Hauts-de-Seine, une partie de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, et même de la Seine-et-Marne, du Val-d’Oise et des Yvelines. D’autres zones d’emploi la région (Saclay, Roissy-Sud-Picardie, Créteil, Marne-la-Vallée et Orly) sont également présentes dans ce « top 20 » des zones d’emplois les plus représentées sur Indeed. En 2016, près de 11,6 millions d’emplois existants s’y trouvaient.

La montée en puissance des métropoles régionales sur le marché du travail est indéniable

Les zones d’emploi métropolitaines régionales se distinguent de leurs homologues parisiennes par leur croissance dans les offres à pourvoir. L’attractivité des grandes villes comme Bordeaux, Toulouse, Rennes ou Nantes était déjà assez bien identifiée, mais les chiffres Indeed sur les offres d’emploi de ces deux dernières années sont particulièrement parlants. Toutes les zones d’emploi d’Île-de-France figurant dans ce classement ont en effet vu leur part dans l’ensemble des annonces diminuer sur les deux dernières années : Paris accuse ainsi un recul de 27 % de sa part dans le total, le recul le plus important étant affiché par Créteil. Saclay, siège de nombreux laboratoires de recherche et grandes écoles, affiche toutefois le taux de chômage le plus bas du classement.

À l’inverse, toutes les zones d’emploi métropolitaines régionales, à l’exception notable de Roubaix-Tourcoing, affichent une croissance positive. La part de Lille augmente de justesse (+ 4 %). Beaucoup de zones d’emploi métropolitaines régionales affichaient de plus un chômage inférieur à la moyenne nationale de 8,5 % : c’est le cas de Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Rennes, Grenoble, Caen et Nancy. Ces villes sont souvent louées pour leur qualité de vie, en opposition à Paris et son coût de la vie élevé. Les zones d’emploi aéroportuaires de Roissy-Sud-Picardie et Orly partagent avec Roubaix-Tourcoing la particularité de perdre du terrain dans la part des offres d’emploi et d’avoir un chômage supérieur à la moyenne nationale.

De petites zones d’emploi affichent un dynamisme encourageant

Si l’on s’intéresse aux zones d’emploi qui ont connu la plus forte croissance dans leur poids dans le total des annonces, on trouve des zones d’emploi plus petites, pas forcément privilégiées du point de vue du taux de chômage, mais dont les acteurs locaux ont de forts de besoins de recrutement. Ces vingt zones d’emploi ne représentent que 2,4 % des offres sur Indeed, mais elles ont en 2019 pratiquement multiplié par 3 leur poids par rapport à 2017. Aucune d’entre elles ne dépassait les 100 000 emplois en 2016. La plupart affiche un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale, parfois même inférieur à 6 % : c’est le cas de Saint-Lô (Manche), Plaisir (Yvelines), Houdan (Yvelines), Molsheim-Obernai (Bas-Rhin) ou la Mayenne (dont la zone d’emploi recoupe les limites départementales). D’autres apparaissent plus sinistrées, comme Mantes-la-Jolie (Yvelines), Thiers (Puy-de-Dôme), Forbach (Moselle) ou Cahors (Lot). Toutes néanmoins ont réussi à doubler leur part dans les offres à pourvoir sur Indeed.fr, ce qui prouve que certaines petites zones d’emploi, en dehors des zones métropolitaines, présentent des opportunités pour les chercheurs d’emploi. 

Quoi qu’il en soit, l’importance de l’attractivité des zones d’emploi transparaît dans ces chiffres : celles qui jouissent d’un taux de chômage faible et qui créent des emplois plus que les autres ont su le plus souvent capitaliser sur leur image ou leur qualité de vie (Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Rennes), à leur localisation géographique proche des centres de décision (Houdan, Plaisir), ou à une tradition entrepreneuriale ou industrielle (Saint-Lô, Molsheim-Obernai). 

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