Industrie automobile française : à quand la fin du tunnel ? »


Alors que l’édition 2018 du salon international de Genève s’achève, Indeed brosse un aperçu de l’état de l’industrie automobile française, entre déclin industriel et espoir de reprise.

A l’occasion du salon international de l’automobile de Genève, Indeed se penche sur l’industrie automobile française. Industrie traditionnelle, l’automobile a beaucoup souffert de la concurrence internationale : la France a produit en 2017 1,7 million de véhicules de tourisme contre 2,8 en 1999, soit une baisse de 37 % de la production en un peu moins de vingt ans. Ces évolutions se sont traduites par des pertes d’emploi massives, principalement localisées dans le nord du pays, et une dégradation du commerce extérieur. Si la production s’est redressée ces dernières années, la réorientation des ouvriers du secteurs constitue un enjeu central pour la filière et l’industrie en général.

L’emploi et les exportations en chute libre

Rien n’est plus parlant que les chiffres de l’emploi et du commerce extérieur mis côte à côte pour illustrer le déclin de l’industrie automobile française. En 1999, le solde commercial du secteur était en effet largement positif ; il atteignait même 14,2 Mds€ en 2004. L’automobile française a ensuite connu de 2004 à 2008 une rapide descente aux enfers. Depuis lors le solde commercial oscille entre -2 et -5 Mds€. En parallèle, l’emploi dans l’automobile n’a cessé de chuter : en 2000, l’industrie automobile employait 193 000 personnes. Selon des chiffres encore provisoires, l’emploi total ne s’élèverait plus qu’à 114 000 personnes d’après Eurostat.

Une explication immédiate de ce phénomène consiste en les délocalisation effectuées par les groupes français (Renault et PSA Peugeot-Citroën) afin de profiter des coûts salariaux plus faibles dans les pays d’Europe du Sud, de l’Est (certains d’entre eux ayant rejoint l’Union européenne en 2004) ou d’Afrique du Nord. Des délocalisations que les rares implantations de constructeurs étrangers (usine Toyota à Valenciennes notamment) n’ont pas suffit à compenser. Une raison plus profonde cependant est le dilemme traditionnel des constructeurs français, pris au piège de la moyenne gamme. Les coûts salariaux français dans l’industrie manufacturière en France, et dans l’industrie automobile en particulier, sont restés comparativement élevés sur la période avant de revenir à des niveaux plus soutenables. Les marges des constructeurs français restent faibles comparées à ceux de leurs compétiteurs outre-Rhin, spécialisés dans les voitures haut de gamme avec la technologie et l’image de marque qui vont avec.

Le nord du pays particulièrement touché

Les principaux acteurs de l’industrie automobile française sont principalement implantés dans le nord du pays. 76 % des offres proposées par les constructeurs français sur Indeed.fr se situent en Île-de-France. Ce chiffre est un peu moins élevé concernant les principaux équipementiers : 43 % pour l’Île-de-France contre 18 % pour la région Auvergne-Rhône-Alpes ou 14 % pour les Hauts-de-France. Les usines sont majoritairement situées en Île-de-France, en Hauts-de-France, en Normandie et dans le Grand-Est. Les pôles de compétitivité connaissent logiquement une implantation similaire, mais certains d’entre eux (CARA et iDforCAR) sont en Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Grand Ouest.


Des ouvriers qui cherchent à se reconvertir

Face à ce sombre tableau macroéconomique, les anciens ouvriers de l’industrie automobile sont nombreux à quitter le secteur. Parmi ceux toujours en emploi et dont l’avant-dernière expérience professionnelle a été réalisée au sein d’un des deux grands constructeurs français ou l’un des principaux équipementiers, seulement un peu plus de 44 % travaillent toujours dans l’une de ces entreprises. Les autres profils sont éparpillés entre un grand nombre d’employeurs de l’industrie, des services, de la construction ou encore de la distribution. 63 % se déclarent hors de l’emploi, alors que sur l’ensemble de la base Indeed, 66 % des candidats ayant déposé un CV se déclarent sans emploi.

 

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