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Coronavirus

Marché du travail et Covid-19 : les zones urbaines fragilisées à la veille du deuxième confinement


En ce début de reconfinement, le marché du travail dans les villes résiste plus difficilement à la pandémie qu’ailleurs dans le pays, donnant ainsi un autre éclairage sur les équilibres territoriaux.

Points clés : 

  • La comparaison de l’évolution des offres d’emploi depuis le début de la pandémie révèle une très forte disparité entre les départements 
  • Aucun département fortement urbanisé n’affiche une progression des annonces sur Indeed.fr
  • Une partie de l’explication réside dans la répartition sectorielles des emplois : les villes sont le siège de nombreux emplois dans des secteurs très touchés par la pandémie (restauration, culture et divertissement, ressources humaines, etc.)

La crise du coronavirus affecte différemment les départements français. Les zones urbaines apparaissent globalement plus touchées, en raison de la présence de nombreux emplois d’encadrement ou de fonctions spécialisées (RH, marketing, vente, comptabilité, etc.). Certains départements voient en revanche leur marché du travail revigoré par l’augmentation des postes dans les soins infirmiers, la garde d’enfants, l’hygiène et la propreté ou encore la logistique et le transport.

Plusieurs mois après la levée du confinement, il est désormais possible d’analyser l’évolution des marchés du travail locaux sous l’effet de la crise. Le premier enseignement est sans doute la très forte disparité de l’évolution des annonces d’emploi sur Indeed.fr. Comparé à une moyenne nationale de -14 % entre janvier et septembre 2020, le département des Pyrénées Atlantiques affiche une croissance des offres de 27 %, alors que Paris enregistre une chute de 29 %. 

Aucun des départements où le nombre d’offres a le plus augmenté n’est le siège d’une grande métropole, et beaucoup de ceux qui sont en fin de classement sont en Île-de-France. Le Cantal affiche ainsi une progression de 8 % des offres d’emploi, alors qu’aucun département fortement urbanisé n’affiche de croissance positive du nombre d’offres entre janvier et septembre. En moyenne, les départements urbanisés à plus de 85 % connaissent en effet une baisse du nombre d’annonces de 19 %, alors que ceux qui affichent un taux d’urbanisation inférieur à 85 % enregistrent une chute de seulement 6 %. Au sein des deux groupes, les disparités restent cependant assez fortes. Les annonces dans les Pyrénées Atlantiques augmentent de 27 % sur la période, mais elles baissent de 18 % en Seine Maritime, alors que les deux départements ont un taux d’urbanisation comparable. Idem pour la Charente Maritime (+ 25 %) et l’Eure (-22 %). Cette tendance s’observe pour les régions-capitales d’autres pays européens, où le marché du travail se redresse plus difficilement que le reste du pays.

L’une des causes de ces divergences est la spécialisation productive des départements : ceux dans lesquels les annonces dans les secteurs les plus touchés par la crise étaient les plus nombreuses ont accusé un repli plus prononcé que les autres. Comme nous le notions au début du mois de septembre, la transformation du marché du travail se traduit par la montée en puissance des services à la personne ou du secteur de l’hygiène et de la propreté, et le déclin de nombreuses fonctions d’encadrement, en plus de l’éducation et la formation.

Cet aspect sectoriel se retrouve dans la liste des départements qui ont des évolutions plus importantes que la moyenne. Les dix départements ayant connu les plus fortes augmentations des annonces d’emploi bénéficient de l’essor des soins infirmiers, de la garde d’enfants ou de la logistique et du transport. Inversement, les départements qui voient leur nombre d’offres baisser dans les proportions les plus importantes enregistrent l’essentiel des pertes dans l’éducation et la formation, la vente et la prospection commerciale, l’industrie ou les fonctions d’encadrement.

Cet aspect géographique de la transformation du marché du travail à la suite de la pandémie doit également être rapproché de l’essor du télétravail, qui aura des effets sur les marchés du travail des grandes métropoles. Beaucoup des métiers qui contribuent à faire chuter le nombre d’annonces dans les zones urbanisées se prêtent en effet au télétravail, ce qui n’est pas le cas des soins à la personne ou de ceux qui contribuent à la croissance des offres dans les départements les plus dynamiques. 

Avec le reconfinement, le marché du travail dans les villes sera probablement de nouveau frappé, alors qu’en parallèle le recours au télétravail est plus que jamais encouragé par les autorités publiques pour limiter la progression du virus. Une recomposition est donc en cours qui pourrait bouleverser le marché du travail et l’équilibre économique et financier de nombreux départements.

Méthodologie

L’évolution des offres emplois est observée de janvier à septembre 2020. Les taux de croissance présentés dans l’article sont ceux des offres sur Indeed.fr dans un département donné entre les mois de janvier 2020 et septembre 2020.

Les secteurs mentionnés sont ceux qui contribuent le plus, en valeur absolue, à la hausse ou à la baisse du nombre d’offres d’emploi dans un département donné.

Les départements qualifiés d’urbains (taux d’urbanisation supérieur à 85 %) dans l’article sont les suivants : Paris, Hauts de Seine, Val de Marne, Seine-Saint-Denis, Bouches du Rhône, Val d’Oise, Alpes Maritimes, Essonne, Yvelines, Rhône, Var, Nord.

Les départements dit ruraux (taux d’urbanisation inférieur à 40 %) sont les suivants : Creuse, Lozère, Lot, Gers, Cantal.