Points clés :
- La demande de travail globale s’essouffle en Europe, même si certains domaines – et certains pays – continuent de faire preuve de vigueur.
- La Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux d’intérêt lors de sa réunion de juin, dans le but de freiner la demande globale et de juguler l’inflation.
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La demande de travail continue de s’affaiblir dans toute l’Europe. Depuis le début de l’année, l’indice du volume d’offres d’emploi d’Indeed a reculé de 7,5 % dans la zone euro, avec des baisses notables en Belgique (-16,2 %), en Italie et au Royaume-Uni (-11,8 %) ainsi qu’en France (-9,2 %). L’Espagne fait figure d’exception positive, ayant enregistré une hausse de 8 % des offres d’emploi depuis le début de l’année. Avec un taux de chômage toujours faible dans la zone euro, à 6,3 %, le marché du travail européen demeure globalement solide, mais le recul général du nombre d’offres d’emploi traduit une perte de dynamisme persistante.
Le ralentissement ne touche pas tous les secteurs de la même manière : alors que les opportunités se font rares dans certaines professions, d’autres connaissent un véritable essor. Les offres d’emploi dans la défense, en particulier, sont à des niveaux élevés dans toute l’Europe, la demande de travail étant concentrée en France mais avec une croissance notable en Italie. Les offres dans les métiers de la santé ont également continué de faire preuve de vigueur cette année, et ce de manière générale dans les plus grandes économies européennes. Parallèlement, la demande de travail pour les emplois de type cols blancs continue de fléchir.

Les consommateurs comme les entreprises restent préoccupés par l’état du marché du travail européen. Les prévisions d’embauche ont continué de se situer en dessous de la moyenne en mai, avec des intentions d’embauche particulièrement faibles dans le secteur des services, selon l’enquête de la Commission européenne auprès des entreprises et des consommateurs. Dans le même temps, les consommateurs sont plus inquiets d’une hausse du chômage qu’à n’importe quel moment au cours de la dernière décennie (à l’exception de la pandémie). Les réponses à l’enquête ont été recueillies entre le 1er et le 21 mai, ce qui signifie que participants ont répondu avant que la Banque centrale européenne (BCE) ne relève ses taux d’intérêt pour la première fois en près de trois ans, et également avant que de récentes négociations de paix ne désamorcent le conflit entre les États-Unis et l’Iran au Moyen-Orient.
Si l’accord entre les États-Unis et l’Iran tient et que les prix de l’énergie continuent de baisser, des perspectives d’inflation plus favorables pourraient réduire la propension des décideurs monétaires de la BCE à procéder à des hausses substantielles des taux d’intérêt cette année. À la marge, cela pourrait contribuer à restaurer la confiance des employeurs et freiner le repli de la demande de travail.

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