Points à retenir :

  • Le marché de l’emploi continue à perdre de son élan : sur douze mois, le volume d’offres s’est contracté de 20,3 %.
  • La demande dans les métiers de type col blanc reste atone ; il en va de même pour une grande partie des métiers manuels.
  • Ayant résisté longtemps au ralentissement économique, les services de proximité ainsi que les métiers de la santé enregistrent des baisses importantes, partant néanmoins d’un niveau plus élevé que le reste du marché de l’emploi.
  • En dépit de ce recul, et portées par des intentions touristiques tournées vers les voyages domestiques, les offres d’emploi saisonnier atteignent un niveau proche de celui de 2025.

L’économie française peine à sortir du creux. Dans un contexte géopolitique qui continue de peser sur l’activité, les indicateurs économiques dressent un tableau peu porteur. La croissance marque le pas, le chômage repart à la hausse, et la confiance des ménages comme des entreprises demeure fragile. Ces éléments suggèrent que le ralentissement s’installe, avec une demande de travail qui continue de se replier. Ce ralentissement ne touche pas tous les domaines de la même manière : alors que les opportunités se raréfient dans certains métiers, d’autres familles de métiers restent marquées par une pénurie de main-d’œuvre.

Cependant, la demande de main-d’œuvre saisonnière, concentrée sur les côtes sud et ouest du pays et portée par des projections de tourisme majoritairement domestique, reste proche de son niveau de l’année dernière. 

Le marché de l’emploi reste orienté à la baisse

La normalisation du marché après le boom post-Covid est désormais achevée : fin mai, le volume d’offres d’emploi sur Indeed se situe légèrement en dessous de son niveau de février 2020 (-5,8 %). Le marché de l’emploi français suit ainsi une évolution similaire à celle observée dans les pays voisins, enregistrant néanmoins une baisse qui s’est accentuée depuis l’année dernière comparé à la zone euro, où le volume d’offres s’établit encore à 6,8 % au-dessus du niveau de référence de février 2020 – tandis qu’en Allemagne, il se trouve légèrement au-dessus, à 9,2 %.

Graphique linéaire intitulé « Les offres d’emploi restent orientées à la baisse » comparant le volume d’offres d’emploi sur Indeed, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et dans la zone euro, depuis 2020, 100 étant l’indice de base correspondant au volume d’offres au 1erfévrier 2020.
Graphique linéaire intitulé « Les offres d’emploi restent orientées à la baisse » comparant le volume d’offres d’emploi sur Indeed, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et dans la zone euro, depuis 2020, 100 étant l’indice de base correspondant au volume d’offres au 1erfévrier 2020.

Entre fin mai 2025 et fin mai 2026, le volume d’offres d’emploi en France s’est contracté de 20,3 %. Le recul touche toutes les catégories de métier sans exception ; les métiers de type col blanc sont désormais tous passés en dessous du seuil pré-pandémie – hormis l’assurance, qui est encore légèrement au-dessus. Dans la plupart des métiers manuels et techniques – construction, stockage et entreposage, logistique et transport routier, maintenance/réparation et agriculture – on recrute désormais moins qu’au début de l’année 2020. 

Les professions de la santé (médecine, pharmacie, soins infirmiers) ainsi que le commerce et les services de proximité (restauration, nettoyage et assainissement, beauté et bien-être) sont parmi les derniers à se maintenir au-dessus de leur niveau d’avant la pandémie. Les premières, moins soumises à la conjoncture, bénéficient en outre de la croissance structurelle liée au vieillissement de la population. Pendant longtemps, ces métiers avaient d’ailleurs résisté au recul généralisé entamé en 2023. C’est pourtant dans les services de proximité que la baisse a été la plus marquée sur les douze derniers mois : -49,2 % pour la garde d’enfants, -34,8 % dans les emplois liés à la sécurité, et -32,9 % en nettoyage et assainissement. Dans les métiers de la santé, dont la demande se maintient à un niveau élevé, les baisses varient fortement : -10,2 % pour l’assistance médico-technique, -18,8 % pour les emplois relevant de la médecine et de la chirurgie, -20,1 % pour les soins infirmiers, ou encore -37,6 % en pharmacie.

Graphique en haltère intitulé « Le recul touche toutes les catégories de métiers » comparant le volume d’offres d’emploi sur Indeed France par catégorie de métiers, entre le 12 juin 2025 et le 12 juin 2026, et donnant l’évolution en pourcentage.
Graphique en haltère intitulé « Le recul touche toutes les catégories de métiers » comparant le volume d’offres d’emploi sur Indeed France par catégorie de métiers, entre le 12 juin 2025 et le 12 juin 2026, et donnant l’évolution en pourcentage.

Dans un marché en recul, les offres saisonnières restent stables par rapport à 2025

Le recul des offres dans les métiers liés aux services de proximité, et donc à la consommation des ménages, s’inscrit dans un contexte de prudence accrue. La consommation de biens se replie, tandis que la confiance des ménages s’est dégradée de nouveau en mai, à son plus bas niveau depuis mars 2023. Les prix de l’énergie, étroitement liés aux dépenses de transport, restent par ailleurs un point de vigilance pour les budgets. Cette prudence se reflète aussi dans les intentions de vacances : si les départs ont reculé au premier trimestre, les Français qui ont déjà choisi une destination pour l’été privilégient davantage l’Hexagone. Parmi eux, 51 % prévoient de passer leurs vacances exclusivement en France, soit 15 points de plus qu’un an plus tôt.

Sur le plan international, la France est restée la première destination touristique mondiale en nombre d’arrivées de visiteurs internationaux en 2025. Le tourisme occupe à ce titre une place importante dans l’économie française – 8 % du PIB en 2024 selon le comité interministériel du tourisme – et son fonctionnement repose largement, chaque été, sur le travail saisonnier dans l’hébergement, la restauration, les loisirs et les services aux visiteurs.

Les emplois explicitement saisonniers résistent ainsi à la dégradation économique et se maintiennent à un niveau proche de 2025 (-2 %), mais bien en deçà de 2024, dont la demande dépassait de 24 % celle de mai 2026. L’année 2023, première saison estivale sans restrictions sanitaires après la pandémie, se distinguait encore davantage : la demande dépassait alors de 61 % le niveau actuel.

Graphique linéaire intitulé « Les offres saisonnières sont stables par rapport à 2025 » comparant le volume d’offres d’emploi saisonnier sur Indeed France depuis 2023, en moyenne mobile sur sept jours.
Graphique linéaire intitulé « Les offres saisonnières sont stables par rapport à 2025 » comparant le volume d’offres d’emploi saisonnier sur Indeed France depuis 2023, en moyenne mobile sur sept jours.

Les régions les plus citées par les Français comme destination touristique sont la Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Occitanie, la Bretagne, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine. La géographie des offres saisonnières sur Indeed reflète largement cette hiérarchie, avec une forte concentration des offres saisonnières dans les Alpes-Maritimes (5,7 %), le Var (4,4 %) et les Bouches-du-Rhône (3,8 %) en Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans le Morbihan (3,8 %) et le Finistère (3,1 %) en Bretagne, ainsi qu’en Gironde (3,4 %), en Nouvelle-Aquitaine. La Loire-Atlantique (3,7 %), autre département très présent dans les intentions de séjours touristiques, souligne aussi le poids du littoral atlantique.

Carte de France métropolitaine et de la Corse intitulée « L’emploi saisonnier en France se concentre sur les côtes » indiquant la part des offres uniques visibles sur Indeed concernant des emplois saisonniers.
Carte de France métropolitaine et de la Corse intitulée « L’emploi saisonnier en France se concentre sur les côtes » indiquant la part des offres uniques visibles sur Indeed concernant des emplois saisonniers.

Les offres saisonnières se concentrent d’abord dans les métiers de services liés aux vacances. Entre janvier et mai 2026, la restauration et la cuisine représentent à elles seules 20 % des offres d’emploi saisonnier sur Indeed, devant le commerce et la vente (13 %) ainsi que l’hébergement, l’accueil et le voyage (12 %). Les besoins saisonniers visibles sur Indeed sont donc d’abord portés par les activités directement liées aux flux touristiques estivaux.

Tableau intitulé « La restauration concentre un emploi saisonnier sur cinq » donnant la part de chaque groupe de métiers dans le nombre d’offres global, ainsi que les principaux intitulés des métiers cités dans les offres d’emploi, sur le premier semestre 2026.
Tableau intitulé « La restauration concentre un emploi saisonnier sur cinq » donnant la part de chaque groupe de métiers dans le nombre d’offres global, ainsi que les principaux intitulés des métiers cités dans les offres d’emploi, sur le premier semestre 2026.

Conclusion

Malgré le contexte économique peu porteur, la saison estivale débute avec une demande de travail saisonnier qui demeure stable par rapport à 2025 – une année où 65 000 postes saisonniers n’auraient pas été pourvus. Reste à savoir si, cet été, la demande se traduira en recrutements effectifs, malgré les contraintes très concrètes – à commencer par le logement – qui continuent de freiner l’emploi saisonnier dans les territoires touristiques. 

Methodologie

Les données relatives aux offres d’emploi sur Indeed constituent un indice du nombre d’offres d’emploi corrigées des variations saisonnières pour un jour donné, calculé sur la base d’une moyenne mobile sur sept jours. Le 1er février 2020 correspond à notre référence d’avant la pandémie, l’indice est donc fixé à 100 pour cette date. 

Cette analyse porte sur les offres d’emploi publiées sur Indeed explicitement présentées comme saisonnières, par exemple lorsqu’elles mentionnent « saisonnier », « contrat saisonnier », « CDD saisonnier » ou « job d’été ». Elle mesure donc la demande saisonnière estivale visible sur Indeed, et non l’ensemble des emplois saisonniers en France, ni les embauches effectivement réalisées.

Le nombre d’offres d’emploi publiées sur Indeed.com, qu’il s’agisse d’offres rémunérées ou non, ne reflète pas le chiffre d’affaires ou les bénéfices potentiels d’Indeed, qui représente une part importante du segment « Technologies RH » de sa société mère, Recruit Holdings Co., Ltd. Les chiffres relatifs aux offres d’emploi sont fournis à titre purement informatif et ne doivent pas être considérés comme un indicateur de la performance d’Indeed ou de Recruit. Veuillez consulter le site web des relations avec les investisseurs de Recruit Holdings et les documents réglementaires déposés au Japon pour obtenir des informations plus détaillées sur la génération de revenus du segment Technologies RH de Recruit.