Chiffres du chômage du premier trimestre : les points à surveiller


L’INSEE s’apprête à publier le 16 mai prochain le chiffre du chômage pour le premier trimestre 2019. Cette publication est d’autant plus importante que la précédente baisse avait été significative, que les prévisions de croissance sont revues à la baisse, dans un contexte où le chômage de longue durée reste élevé. Au-delà du taux de chômage global, il conviendra donc d’être particulièrement attentif au taux d’activité, au nombre de chômeurs de longue durée et à la proportion de CDI.

La baisse du chômage annoncée en février sera-t-elle confirmée ?

L’INSEE avait annoncé en février une baisse de 0,3 point du chômage à 8,8 % en France, soit son plus bas niveau depuis 2009. Cette baisse avait surpris la plupart des économistes, notamment au vu de la faible création d’emplois sur le trimestre. Une baisse deux fois plus importante (de 0,7 point) avait été annoncée au même moment l’année dernière, mais avait été suivie d’une forte hausse de 0,3 point en mai 2018. La question principale est donc de savoir si ce phénomène se reproduira ce trimestre. Les chiffres de Pôle emploi incitent à l’optimisme : le nombre de chômeurs en catégorie A a baissé de 0,7 % au premier trimestre 2019. Reste à savoir si l’enquête de l’INSEE, effectuée elle selon la méthodologie du Bureau international du travail (BIT), confirmera cette tendance.

Commence-t-on à voir un impact sur l’emploi de la dégradation des perspectives de croissance ?

L’emploi suit avec un certain retard, en France plus qu’ailleurs en raison de la rigidité du marché du travail, les évolutions de l’activité économique. La révision à la baisse des prévisions de croissance pour 2019 pourrait avoir un impact sur les recrutements, même si les annonces des chefs d’entreprise laissent présager une hausse du nombre d’embauches pour 2019. Bien que cette baisse des prévisions de croissance puisse n’être que passagère, le taux de chômage publié dans quelques jours sera un indicateur de la position de l’économie française dans le cycle économique. Une hausse du chômage inciterait à penser que l’économie française se trouve proche de son taux de chômage structurel et qu’il serait difficile, en l’absence de réforme supplémentaire, de le faire baisser davantage.

Le nombre de chômeurs de longue durée et le taux d’activité sont deux autres variables à surveiller
Au-delà du taux de chômage global, la qualité de l’emploi et le bon fonctionnement du marché du travail doivent retenir toutes les attentions. Ainsi, la proportion de CDI par rapport aux emplois dits précaires, en augmentation constante sur les derniers trimestres, devrait continuer à augmenter, de même que le taux d’activité, qui mesure la volonté de la population en âge de travailler de rejoindre le marché du travail. Enfin, la question de l’appariement de l’offre et de la demande, au coeur de la politique gouvernementale avec les lois sur la formation professionnelle ou l’apprentissage, continuera d’être mesurée à l’aune du nombre de chômeurs de longue durée, qui lui, ne cesse d’augmenter.

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