Le quatrième trimestre clôt une année 2018 encourageante sur le front du chômage

by

Les bons chiffres du chômage au quatrième trimestre 2018 doivent inciter à la prudence. La baisse importante du chômage à 8,8 % (8,5 % en France métropolitaine), soit 0,3 point de moins qu’au trimestre précédent, n’est en effet pas corroborée par une création d’emploi significative dans le secteur privé. Le taux de chômage français reste en outre élevé comparé à ceux de la plupart des autres pays du monde développé. L’amélioration de la qualité des emplois qui accompagne cette baisse ne doit pas non plus faire oublier les points noirs qui persistent et les risques qui pèsent sur la croissance.

Le chômage bien parti pour suivre sa baisse conjoncturelle

Le taux de chômage français est à présent à son plus bas niveau depuis le premier trimestre 2009, en plein coeur de la crise financière qui a provoqué une hausse massive du chômage. Le point bas de 7,2 % du premier trimestre 2008 apparaît néanmoins encore assez loin au rythme actuel de baisse du chômage. Sur l’année 2018, le chômage a baissé de 0,1 point, en raison d’une forte baisse au quatrième trimestre 2017 corrigée par une hausse au trimestre suivant. En 2017, le chômage avait baissé de 0,4 point. Le chômage des jeunes à très fortement reculé en 2018, à 18,8 % contre 20,5 % au début de l’année (-1,7 point), en particulier celui des jeunes hommes (-2,8 point contre -0,7 point pour les jeunes femmes). Le taux d’emploi est à un plus haut historique depuis 1980, à 66,1 %, mais reste en-deçà de celui de beaucoup d’autres pays européens.

Une amélioration de la qualité de l’emploi

La part des contrats à durée indéterminée (CDI) a continué à augmenter sur le quatrième trimestre 2018. Elle s’établit à 49,5 % des personnes en emploi (+0,4 point sur 2018) contre 7,7 % pour l’intérim et les contrats à durée déterminée (-0,4 point). La réforme à venir de l’assurance chômage devrait accompagner cette amélioration de la qualité des emplois en décourageant l’usage des contrats courts. Le travail à temps plein concerne à présent 54,4 % des personnes en emploi (+0,5 point sur 2018), alors que le travail à temps partiel enregistre une baisse de 0,1 point sur l’année à 11,7 %.

Des enjeux importants pour pérenniser la baisse

Pour autant, des points noirs demeurent. C’est le cas du chômage de longue durée, qui stagne sur le trimestre et baisse de 0,3 point sur l’année à 3,4 %, un niveau assez élevé : 990 000 demandeurs d’emploi recherchent un emploi depuis plus d’un an. Plus inquiétant encore, le « halo autour du chômage » n’a pas diminué en 2018 et comprend toujours 1,5 million de personnes. Ce concept regroupe les personnes sans emploi non comptabilisées dans les chiffres du chômage et qui souhaitent un emploi. Il englobe les personnes qui sont les plus éloignées du marché de l’emploi.

Cette baisse encourageante au dernier trimestre de l’année ne doit pas faire oublier les risques qui pèsent sur la croissance française, qui conditionne l’évolution du chômage. Le retournement du cycle économique, les tensions commerciales ou encore le risque financier peuvent porter un coup très dur à cette dynamique qui reste fragile, surtout lorsque l’on sait qu’en dessous du seuil de 1,3 % de croissance, l’économie française ne crée plus d’emplois.

Back to top

Subscribe to Indeed Hiring Lab

Keep up with the latest